Les attaques dont fait l’objet, depuis quelque temps, Patrick Muyaya Katembwe, ministre de la Communication et Médias et porte-parole du Gouvernement de la République démocratique du Congo, ne relèvent plus d’un simple débat politique. Elles traduisent, de plus en plus, les frustrations de certains acteurs en quête de visibilité et de positionnement au sein de l’Union sacrée de la Nation.
Pour nombre d’observateurs, derrière ces critiques se dessinent surtout des ambitions politiques et la convoitise du stratégique poste de porte-parole du Gouvernement.
Pourtant, ceux qui réclament son départ semblent volontairement ignorer ce qu’implique cette fonction. Être porte-parole du Gouvernement, ce n’est ni faire de la flatterie, ni jouer au « fou du roi », ni rechercher les applaudissements faciles.
Cette responsabilité exige de défendre l’action gouvernementale, d’expliquer les politiques publiques, de porter la parole officielle de l’État avec rigueur, cohérence et sens des responsabilités.
C’est précisément ce que Patrick PatrickMuyaya s’efforce de faire depuis son arrivée au Gouvernement. Son travail consiste à donner de la lisibilité à l’action de l’Exécutif, à mettre en lumière les réformes engagées et à répondre aux campagnes de désinformation qui visent les institutions de la République. Qu’on partage ou non ses positions, il est difficile de nier sa constance dans l’exercice de cette mission.
L’histoire retiendra également qu’au moment où beaucoup choisissaient encore la prudence ou l’ambiguïté, Patrick #Muyaya fut l’un des tout premiers responsables de l’Union sacrée à désigner publiquement le Rwanda comme agresseur de la République démocratique du Congo dans la guerre imposée à l’Est du pays. Ce choix politique et diplomatique n’était ni anodin ni sans conséquence.
Depuis lors, il est devenu l’une des principales cibles des campagnes de dénigrement et de désinformation menées contre la RDC. Son engagement dans la défense de la vérité sur l’agression rwandaise lui vaut des attaques récurrentes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Dans ces conditions, chercher à obtenir son départ pour satisfaire des ambitions personnelles ou redistribuer les équilibres politiques serait une erreur stratégique. La République a davantage besoin de stabilité, de cohérence et de continuité dans sa communication que de querelles de positionnement.
La guerre qui se joue aujourd’hui ne se mène pas uniquement sur le terrain militaire. Elle se mène aussi sur le front diplomatique, médiatique et informationnel. Affaiblir l’un des principaux visages de cette bataille reviendrait à offrir un avantage à ceux qui s’emploient chaque jour à ternir l’image de la RDC.
Les postes gouvernementaux ne devraient jamais être considérés comme des récompenses à distribuer au gré des ambitions. Ils doivent rester des instruments au service de la Nation. Lorsque l’intérêt général s’efface devant les calculs individuels, c’est la République qui en paie le prix…
YVES BUYA













