Une année après son entrée au gouvernement, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, entend poursuivre et accélérer les réformes engagées dans le secteur judiciaire en République démocratique du Congo.
Dans une dépêche de la cellule de communication du ministère de la Justice, le ministre réaffirme sa détermination à maintenir le cap malgré les résistances et les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de ces réformes.
Au cours de cette première année, plusieurs actions ont été mises en avant, notamment dans la lutte contre la corruption et l’impunité, l’amélioration des conditions carcérales, le renforcement du personnel judiciaire et la modernisation du système de justice.

Sur le front de la lutte contre la corruption, Guillaume Ngefa affirme vouloir renforcer les mécanismes de contrôle et s’attaquer aux réseaux criminels ainsi qu’aux différentes formes d’impunité. Il indique notamment avoir refusé le paiement de certains avocats de la République ne disposant pas de rapports d’audience, tout en annonçant la nomination de nouveaux avocats répondant aux exigences d’intégrité.
Désengorgement des prisons
La situation dans les établissements pénitentiaires figure également parmi les priorités du ministère. Selon le bilan présenté, 270 détenus ont bénéficié d’une libération conditionnelle après un examen de leurs dossiers.
Des mesures d’urgence et de nouvelles réformes sont également annoncées pour améliorer les conditions de détention et contribuer au désengorgement de plusieurs prisons, notamment Makala, Ndolo, Luzumu ainsi que celles du Grand Katanga.
Le ministère met également en avant le renforcement du personnel judiciaire. Cent officiers de police judiciaire ont été formés, nommés et déployés afin de contribuer au respect de la légalité dans les enquêtes. À cela s’ajoute l’intégration annoncée de 2 500 nouveaux magistrats pour répondre au déficit de personnel dans plusieurs juridictions du pays.

Vers une justice modernisée
Pour Guillaume Ngefa, ces différentes mesures doivent contribuer à la transformation du système judiciaire congolais. Le ministre plaide notamment pour une justice davantage modernisée, reposant sur la transformation numérique, la célérité des procédures et la transparence.
Dans cette perspective, le Programme de réforme de la justice, matérialisé par la signature en novembre 2025 du PRODOC 2025-2029 avec les Nations unies, constitue l’un des instruments devant accompagner la réforme du secteur. Son déploiement est prévu dans plusieurs provinces du pays.
Le ministre entend également renforcer la réponse judiciaire face aux abus commis dans le cyberespace. Des instructions ont été données aux procureurs afin de poursuivre, conformément à la loi, les faits de diffamation, de diffusion de fausses informations, de harcèlement et d’incitation à la haine.
La lutte contre les spoliations immobilières et financières figure aussi parmi les préoccupations du ministère. Un cadre de concertation a été mis en place afin d’améliorer la coordination entre les différents acteurs concernés et de lutter contre ces pratiques.
« Le ministre ne juge pas, ne condamne pas »
Guillaume Ngefa rappelle par ailleurs les limites constitutionnelles liées à ses fonctions. Il souligne que le ministre de la Justice ne juge pas, ne condamne pas et ne prononce aucune sanction pénale. Son rôle consiste notamment à veiller au respect des lois et au bon fonctionnement de l’appareil judiciaire.
Il appelle ainsi les magistrats à exercer leurs fonctions avec indépendance et rigueur, estimant qu’un magistrat ne doit être « ni l’instrument du puissant, ni l’otage de l’émotion ». Le ministre réaffirme également sa politique de tolérance zéro face aux pressions et à la corruption dans le secteur judiciaire.
Sur le plan international, Guillaume Ngefa a également porté la question des crimes commis dans l’Est de la RDC devant plusieurs tribunes. À Genève, il a notamment plaidé pour que les crimes de masse et les actes de nettoyage ethnique commis dans cette partie du pays puissent être jugés.
Nommé au sein du gouvernement Suminwa II en août 2025, en remplacement de Constant Mutamba, Guillaume Ngefa entend inscrire son action dans une logique de réforme durable du système judiciaire congolais.
Malgré les critiques et les campagnes de désinformation dénoncées par son cabinet, le ministre affirme rester attaché à ses principes, notamment le respect de la Constitution, la primauté du droit et la défense des droits humains.
Notons que cette première année d’exercice constitue, selon le ministère, une étape dans un processus de réforme appelé à se poursuivre, avec pour principaux enjeux la modernisation de la justice, le renforcement de son indépendance, l’amélioration des conditions carcérales et la lutte contre la corruption et l’impunité.
Rédaction













