Au lendemain de la mobilisation de la Coalition Article 64 (C64) contre tout projet de changement de la Constitution, le gouvernement congolais revient sur les incidents enregistrés dans plusieurs villes du pays. Lors du briefing du mardi 15 septembre, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a particulièrement dénoncé la circulation de faux messages sur les réseaux sociaux et appelé l’opposition à privilégier le dialogue.
Le porte-parole du gouvernement affirme que de faux communiqués annonçant notamment la suspension des cours ont circulé avant la manifestation.
« Vous aviez tous vu ces faux communiqués qui ont circulé hier pour dire que les enfants ne devaient pas aller à l’école », a-t-il déclaré, estimant que ces messages avaient pour objectif de « semer la peur dans la tête des parents ».
Le ministère de l’Éducation nationale avait effectivement démenti la suspension des cours annoncée dans un faux document diffusé sur les réseaux sociaux.
Patrick Muyaya a également vivement critiqué certaines méthodes attribuées à des acteurs de l’opposition.
« Je pense que l’opposition ne doit pas imiter les méthodes du père et du fils, donc le Rwanda et du M23, qui excellent dans la manipulation et les mensonges », a-t-il affirmé.
Ces déclarations interviennent après une journée de mobilisation marquée par des situations contrastées. Si des rassemblements ont été observés notamment à Kinshasa et Bandundu, les forces de l’ordre ont empêché ou dispersé des manifestations dans plusieurs autres villes. À Kananga, l’intervention de la police a notamment fait usage de gaz lacrymogènes et plusieurs militants ont été interpellés.
À Kinshasa, des incidents ont également opposé des manifestants à des éléments présentés, selon des récits de médias locaux, comme appartenant à la Force du progrès. La police est intervenue pour disperser les protagonistes.
Face à ces événements, le porte-parole du gouvernement a annoncé qu’un rapport devait être établi par les autorités compétentes. Il a par ailleurs salué « le professionnalisme de la police » dans la gestion de la situation.
Sur le plan politique, Patrick Muyaya a réaffirmé que la contestation avait sa place dans le débat démocratique, tout en appelant les acteurs de l’opposition à rejoindre le processus de dialogue national initié par le président Félix Tshisekedi.
« La démocratie nous autorise à nous opposer, mais la patrie nous interdit de nous déchirer », a-t-il conclu.
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