L’Union européenne s’oriente vers une prorogation de ses missions civile (EUAM) et militaire (EUTM) en République centrafricaine, dont les mandats arrivent à échéance en août et septembre 2026. Alors que certains États membres plaidaient pour un retrait progressif, les discussions à Bruxelles privilégient désormais un renouvellement, accompagné d’un recalibrage des missions, qui pourrait s’étendre jusqu’en 2028 après validation par le Conseil de l’Union européenne.
Cette orientation intervient dans un contexte où l’EUTM a suspendu depuis 2021 la formation des FACA, pourtant au cœur de son mandat. Malgré cette situation, l’Union européenne estime que ces missions demeurent un levier stratégique, notamment face à l’influence grandissante de la Russie en Centrafrique.
Lors de la visite à Bangui du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, les responsables de la mission ont présenté leurs actions de conseil auprès des Forces de sécurité intérieure et réaffirmé leur engagement en faveur du renforcement des capacités institutionnelles.
Par ailleurs, l’EUAM a participé en mars dernier à la réunion du Comité des Chefs d’État-Major (Grand COCEM), aux côtés des FACA, de la Police nationale, de la Gendarmerie, de la MINUSCA et de l’EUTM, afin de renforcer la coordination entre les acteurs de la sécurité et d’évaluer les défis sécuritaires, notamment aux frontières.
Pour de nombreux observateurs en Centrafrique, cette volonté de maintenir les missions européennes soulève une question de fond : l’objectif est-il réellement d’accompagner la réforme du secteur de la sécurité ou de préserver l’influence géopolitique de l’Union européenne dans un pays où son rôle s’est considérablement réduit ces dernières années ?
Le maintien de ces missions est toutefois considéré par Bruxelles comme un élément important de son engagement en faveur de la stabilité et de la réforme du secteur de la sécurité en République centrafricaine.













