32 heures. Sans pause, ou presque. Le 21 juin 2014, dans le bloc opératoire de l’hôpital universitaire de l’Union du Fujian, à Fuzhou, une équipe s’attaque au cerveau d’une patiente de 63 ans. Le cas est effroyable : une grave hémorragie cérébrale, et plusieurs lésions à retirer en une seule et même opération, dont un anévrisme et un hémangioblastome logé dans le tronc cérébral, la zone qui commande la respiration et le rythme cardiaque.
Six interventions, majeures et mineures, s’enchaînent sur le même corps. Autour de la table, l’effectif est impressionnant : trois chirurgiens, six anesthésistes et huit infirmières se relaient pendant plus d’une journée entière. La moindre erreur, le moindre relâchement de l’attention, et la patiente meurt.
L’opération, la plus longue jamais réalisée dans cet hôpital, s’achève le 22 juin. La femme est sauvée. C’est alors qu’un cliché est pris, et qu’il va faire le tour de la Chine sur le réseau Sina Weibo : les médecins, vidés, se sont laissés glisser à même le carrelage du bloc. L’un d’eux, allongé au sol, esquisse malgré tout un V de la victoire.
Les internautes chinois saluent des soignants qui « sauvent des vies avec leur propre vie ». Un détail en dit long sur la cadence : l’un des trois chirurgiens, Chen Jianping, ne figure pas sur la photo. Il n’a pas pris le temps de souffler. Il est reparti aussitôt vers un autre bloc, à Nanping, pour une nouvelle opération.













