Les voisins la trouvaient adorable. Une petite dame soignée, lunettes discrètes, robes fleuries, qui tenait une pension pour les plus fragiles de Sacramento : vieillards isolés, malades mentaux, alcooliques que plus personne ne voulait. Dorothea Puente les accueillait chez elle, F Street, dans une jolie maison victorienne au jardin impeccable.
Trop impeccable, peut-être. Ces fleurs qui poussaient si dru, cette terre remuée régulièrement.
Le manège tourne pendant des années. Elle encaisse les chèques de sécurité sociale de ses pensionnaires. Le problème, c’est que certains disparaissent sans que les chèques, eux, cessent d’arriver. Un travailleur social finit par s’inquiéter d’un homme volatilisé. La police creuse. Et sous les parterres, sous les massifs si bien entretenus, elle exhume un corps. Puis un autre. Sept en tout.
Elle les endormait aux somnifères, définitivement, puis enterrait ses locataires dans le jardin en continuant de toucher leur argent. Quand les agents sont venus, elle a demandé, avec un calme parfait, si elle pouvait aller prendre un café au coin de la rue. Ils l’ont laissée partir. Elle s’est enfuie.
On l’a rattrapée. Grand-mère façade, tueuse en série. Neuf morts soupçonnés, sept prouvés.
Les fleurs étaient si belles.













