La rentrée scolaire reste préoccupante dans certaines zones de l’Ituri où la progression de l’épidémie d’Ebola alimente les inquiétudes des communautés éducatives.
Dans la sous-division Mambasa 3, les enseignants des écoles primaires publiques appellent à des mesures urgentes pour éviter que les établissements scolaires ne deviennent des lieux de propagation de la maladie.
Réunis samedi 5 septembre à Mambasa à l’occasion de l’assemblée générale du Syndicat national des enseignants des écoles primaires publiques de la sous-division Mambasa 3, les professionnels de l’éducation ont demandé la suspension temporaire des cours. Ils proposent, en alternative, le recours à l’enseignement à distance afin de permettre aux élèves de poursuivre leur apprentissage tout en limitant les risques sanitaires.
Cette position intervient dans un contexte marqué par la multiplication des cas confirmés et des décès communautaires signalés dans la zone de santé de Niania, située à environ 350 kilomètres au sud-ouest de Bunia. Les enseignants disent également constater des insuffisances dans les dispositifs de prévention installés dans plusieurs écoles.
Pour ces professionnels, la question ne concerne donc pas uniquement la poursuite des activités scolaires, mais également la capacité des établissements à garantir un environnement suffisamment sécurisé aux élèves et au personnel éducatif. Ils demandent ainsi l’application des dispositions prévues par le ministère de l’Éducation nationale lorsque la situation sanitaire l’exige.
Face à cette demande, l’administration scolaire privilégie pour l’instant la continuité des enseignements. Le directeur provincial de l’Éducation en Ituri 1 appelle les enseignants à maintenir les cours, tout en veillant au strict respect des mesures de prévention contre Ebola.
Selon cette autorité, l’enseignement à distance ne serait envisagé que dans les établissements directement affectés par l’épidémie. Une position qui traduit la volonté des autorités de maintenir les activités scolaires malgré les inquiétudes exprimées sur le terrain.
La situation est également compliquée dans le territoire de Djugu, notamment dans certaines écoles de Nizi. Plusieurs établissements n’y ont pas encore véritablement repris leurs activités, certains parents préférant garder leurs enfants à la maison par crainte de la maladie.
Entre la nécessité de préserver la continuité de l’éducation et l’impératif de protéger les enfants et les enseignants, les autorités éducatives sont ainsi confrontées à un véritable défi. L’efficacité des mesures de prévention dans les écoles apparaît désormais comme un élément déterminant pour rassurer les familles et maintenir la fréquentation scolaire.
Le directeur provincial de l’Éducation assure pour sa part que le gouvernement provincial, avec l’appui de ses partenaires, poursuit le renforcement des dispositifs de prévention et de riposte contre Ebola dans les établissements scolaires de l’Ituri.
Notons que l’évolution de la situation épidémiologique dans les prochains jours pourrait influencer les décisions concernant le fonctionnement des écoles dans les zones les plus exposées.
Édito













