Dans une tribune rendue publique ce mardi 12 août 2025, l’acteur politique congolais Diomi Ndongala a dénoncé les violences subies par les populations de l’Est de la République démocratique du Congo. Il accuse les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/M23, soutenus par le Rwanda, ainsi que les Forces de défense rwandaises, d’être les principaux auteurs de ces atrocités.
S’appuyant sur un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Diomi Ndongala cite des chiffres élèves de : « 319 civils tués, dont 48 femmes et 19 enfants, entre le 9 et le 21 juillet dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu ».
Pour lui, ces massacres ne sont pas des incidents isolés, mais bien le reflet d’un conflit profond et persistant qui échappe à toute tentative de résolution.
Alors que des négociations sont en cours à Washington et à Doha entre la RDC et le Rwanda, considérées comme « un espoir pour la paix » , Diomi Ndongala déplore la poursuite des violences, notamment au Sud-Kivu, où plus de 80 civils auraient été tués ces dernières semaines.
Il s’inquiète également du silence des diplomates face à des dates clés manquée.
« Le silence autour des dates du 8 août, prévue pour la reprise des pourparlers, et du 17 août, qui pouvait déboucher sur un accord global, est troublant. Ces échéances sont passées comme des mirages dans le désert sécuritaire congolais », regrette-t-il.
Selon lui, « Les espoirs placés dans les cessez-le-feu de Washington et Doha se révèlent n’être qu’un somnifère administré à la vigilance internationale, laissant le champ libre aux agresseurs pendant que Kinshasa s’embourbe dans des tâtonnements sans fin, tant en politique intérieure qu’en diplomatie. »
D’ajouter : « La RDC, paralysée par des intérêts partisans, semble incapable de transcender ses divisions pour contrer ce projet d’extermination et de balkanisation. Plus de 100 groupes armés pullulent dans l’est, et les efforts d’intégration militaire prévus par l’accord de Washington désarmement, réintégration butent sur un refus catégorique de concessions.»
De poursuivre : « L’ONU, quant à elle, est pointée du doigt pour son échec chronique à protéger les civils, avec la MONUSCO accusée de passivité face à une crise humanitaire qui a déplacé plus de 7 millions de personnes, abandonnées à leur triste sort.»
« Combien de Congolais devront encore être tués, en plein processus de paix ? » s’interroge-t-il, avant d’adresser un appel ferme aux autorités de Kinshasa:
« Il est temps de se dresser en rempart, au risque de voir le pays sombrer dans une fragmentation irrémédiable. Sinon, les accords de Washington et Doha ne seront qu’un chapitre de plus dans l’histoire tragique d’une paix promise, mais jamais concrétisée, faute d’unité, de stratégie et de volonté politique. »conclut-il.
KBG













