Le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, dirigé par Jacquemin Shabani, est au cœur de plusieurs critiques liées à la situation sécuritaire de la République démocratique du Congo, notamment dans la ville-province de Kinshasa.
Entre la résurgence des rebelles Mobondo aux portes de la capitale, les actes de banditisme armé, les braquages et les violences urbaines en plein jour comme la nuit, la population vit dans une insécurité constante. Face à cette situation, le ministre Shabani est resté d’inaction et de silence prolongé.
Phénomène Kuluna toujours incontrôlé !
Reconduit dans le gouvernement Judith Suminwa II, Jacquemin Shabani peine à finaliser le phénomène « Kuluna », devenu un véritable fléau dans la capitale. Le nombre de victimes, tant humaines que matérielles, ne cesse d’augmenter, au grand désarroi des Kinois qui dénoncent le manque d’autorité du ministre chargé de la sécurité.
Une police affaiblie, sans vision claire
Sous sa tutelle, la Police nationale congolaise (PNC), censée être le pilier de la sécurité, est perçue comme un marché public, sans discipline ni orientation stratégique. Plusieurs agents sont eux-mêmes pointés du doigt dans des actes de criminalité, ce qui fragilise davantage l’image de l’institution.
Selon de nombreux observateurs, cet échec sécuritaire découle de l’absence de vision claire au sein du ministère de l’Intérieur, où dominent les effets d’annonce et les mesures de façade.
Nouvelle tention politique à Kinshasa
Comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle tension s’installe entre Jacquemin Shabani et le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba. Le VPM de l’Intérieur aurait diligenté une mission de contrôle à l’encontre du gouverneur, une initiative jugée inconstitutionnelle par plusieurs experts, qui y voient une tentative de déstabilisation des institutions locales.
Une mission illégale ? Les arguments d’un expert : Voici les raisons :
- Kinshasa relève de la libre administration des provinces (articles 3, 171, 195 à 198, 204 et 221 de la Constitution) ;
- Elle jouit d’une autonomie de gestion administrative, financière et technique ;
- Ses ressources sont indépendantes de celles du gouvernement central ;
- Le contrôle de sa gestion relève exclusivement de l’Assemblée provinciale, de l’IGF et de la Cour des comptes, comme précisé à l’article 46 de la Loi organique de 2008.
Par ailleurs en 2024, la gestion du gouverneur Daniel Bumba a été encadrée par l’IGF sur ça demande. Pour l’exercice en cours, les rapports requis ont été régulièrement transmis à la Cour des comptes et à la Direction des réductions des comptes.
Notons que contester une mission jugée illégale ne signifie pas s’opposer à la bonne gouvernance, mais plutôt en exiger le respect des lois. Dans un contexte de fragilité sécuritaire et institutionnelle, le respect de l’État de droit reste fondamental pour préserver la stabilité politique et la confiance des citoyens.













