Le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, demeure l’un des principaux théâtres des affrontements armés dans l’est de la République démocratique du Congo. Depuis plusieurs mois, les forces armées congolaises, appuyées par les Wazalendo, et les rebelles de la coalition AFC/M23 s’y disputent plusieurs positions stratégiques, notamment autour de Ngungu, Rubaya, Nyabiondo et sur l’axe vers Pinga.
Au-delà de la dimension strictement militaire, la persistance des combats s’explique par l’importance stratégique que représente ce territoire. Masisi concentre à la fois des ressources minières, des terres agricoles et pastorales, mais aussi des axes de communication permettant de relier plusieurs zones de l’est du pays.
La zone de Rubaya constitue notamment un enjeu majeur en raison de ses ressources en coltan et en cassitérite. Son contrôle représente un intérêt économique important dans un contexte où l’exploitation et la circulation des minerais constituent depuis plusieurs années un facteur de tensions dans l’est de la RDC.
Mais la bataille autour de Masisi ne se limite pas au sous-sol. Les zones de Ngungu et Nyabiondo comptent parmi les bassins agricoles et pastoraux qui approvisionnent plusieurs centres urbains, notamment Goma. D’autres secteurs miniers, comme Kirambo, dans la zone d’Ufamandu, sont également concernés par des rivalités autour de ressources telles que le rubis et la tourmaline.
À cela s’ajoute la position géographique de Masisi. Le territoire constitue un passage important vers plusieurs espaces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment en direction de Kalehe, Walikale et, au-delà, du Maniema et de la Tshopo. La maîtrise de ces axes peut ainsi offrir un avantage militaire et logistique aux acteurs qui les contrôlent.
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