À Kinshasa, la question de l’assainissement semble progressivement devenir le théâtre d’une rivalité entre différentes stratégies et approches. Sans confrontation directe affichée, les prises de parole, les actions de terrain et les campagnes de communication laissent apparaître une compétition pour occuper l’espace public et imposer son narratif.
D’un côté, le général Kasongo Kabwik multiplie les communications autour des actions du Service national. Une stratégie qui rappelle, sur le plan de la communication, celle autrefois adoptée par Jules Alingete, alors inspecteur général des finances : forte présence médiatique, communication régulière et occupation constante de l’espace public.
Mais au-delà de cette visibilité, une interrogation demeure : quels sont les résultats concrets de ces actions sur le terrain ? Car pour les habitants de Kinshasa, l’efficacité d’une politique d’assainissement se mesure moins au nombre de communications qu’à l’état réel des rues, des marchés, des caniveaux et des quartiers.
De l’autre côté, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, s’appuie notamment sur l’humour et les comédiens pour promouvoir son message « Kinshasa ezo bonga ». Cette campagne se veut mobilisatrice et cherche à associer la population à l’amélioration du cadre de vie.
Cependant, près de deux ans après le début de cette nouvelle dynamique provinciale, le contraste entre les discours officiels et le quotidien de nombreux Kinois reste préoccupant. Dans plusieurs quartiers, l’insalubrité demeure une réalité persistante, malgré les annonces et les campagnes de sensibilisation.
Pendant que les communications se multiplient, Kinshasa continue donc de faire face à ses vieux démons : déchets dans les rues, caniveaux obstrués, eaux stagnantes et espaces publics insuffisamment entretenus.
Cette situation soulève également la question de la coordination entre les différentes structures engagées dans l’assainissement de la capitale. Lorsque plusieurs acteurs communiquent simultanément sur des actions similaires, le risque est de voir la communication prendre le dessus sur l’efficacité opérationnelle.
Au-delà des querelles de positionnement, les Kinois attendent surtout des résultats. Ils ne vivent pas de slogans ni de campagnes médiatiques. Ils vivent dans des quartiers où l’état des routes, la gestion des déchets et la salubrité des espaces publics influencent directement leur quotidien.
Le véritable enjeu devrait donc être moins de savoir qui communique le mieux que de déterminer qui parvient réellement à rendre Kinshasa plus propre et plus vivable.













