Les autorités sanitaires congolaises veulent couper court aux inquiétudes concernant une éventuelle présence du virus Ebola à Kinshasa. Lors d’un briefing spécial tenu le mardi 18 août, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Roger Samuel Kamba, a démenti tout cas confirmé dans la capitale et appelé la population à se fier aux informations officielles.
Au cœur des préoccupations : le décès d’une personne survenu dans la commune de Lemba, présenté sur les réseaux sociaux comme un possible cas d’Ebola. D’après les explications du ministre, les analyses réalisées en laboratoire se sont révélées négatives. Le malade ne présentait par ailleurs pas le profil épidémiologique habituellement associé à une contamination par le virus : aucune notion de séjour dans une zone affectée, aucun contact identifié avec un cas connu et pas de fièvre signalée.
Les premiers éléments recueillis orienteraient davantage vers une autre pathologie. Le ministre a notamment évoqué une importante déshydratation consécutive à une diarrhée sévère, des symptômes également constatés chez un proche de la victime. Une suspicion de choléra fait ainsi partie des pistes examinées par les services sanitaires.
Roger Kamba a également insisté sur la difficulté de passer sous silence un éventuel cas d’Ebola dans une ville comme Kinshasa, compte tenu des mesures sanitaires particulièrement strictes imposées par la prise en charge de cette maladie. « S’il y avait un cas d’Ebola à Kinshasa, nous passerions à la télévision pour vous en informer », a-t-il assuré, réaffirmant l’engagement du gouvernement à communiquer publiquement sur toute évolution de la situation.
L’Est du pays toujours sous surveillance
Si la capitale n’est, à ce stade, pas concernée par l’épidémie, plusieurs provinces de l’est et du nord-est de la RDC restent confrontées à une situation préoccupante. Selon le bilan présenté par le ministère de la Santé, plus de 5 000 personnes ont été contaminées depuis le début de l’épidémie et plus de 2 300 décès ont été enregistrés, pour un taux de létalité proche de 47 %.
L’Ituri demeure le principal foyer, concentrant l’essentiel des cas recensés. Des contaminations ont également été signalées au Nord-Kivu, dans la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé. Au total, 55 zones de santé sont concernées par la circulation du virus.
Une souche aux symptômes parfois difficiles à distinguer
Cette flambée épidémique est liée au virus Ebola de type Bundibugyo. Selon les explications fournies par le ministre, cette souche peut se manifester au départ par des symptômes qui ressemblent à ceux de plusieurs maladies courantes : fièvre, céphalées, douleurs abdominales, vomissements ou encore diarrhée.
Les manifestations hémorragiques, souvent associées à l’image d’Ebola, resteraient en revanche peu fréquentes. Cette particularité complique l’identification rapide des cas et renforce l’importance du dépistage, de la surveillance épidémiologique et de l’orientation rapide des patients vers les structures appropriées.
Pour contenir la propagation du virus, les autorités ont renforcé la surveillance communautaire, la sensibilisation de la population et les mécanismes de prise en charge. La vaccination des personnels exposés figure également parmi les mesures de riposte, aux côtés de l’utilisation de traitements disponibles dans le cadre prévu par les autorités sanitaires.
Notons qu’à Kinshasa, le gouvernement maintient donc son message : aucun cas d’Ebola n’est actuellement confirmé dans la capitale congolaise.
Éditorial.7net













