À l’occasion de la conférence-débat organisée ce vendredi 17 juillet à l’Université pédagogique nationale (UPN) autour du thème « Quelle place pour les jeunes dans la gouvernance démocratique et l’espace décisionnaire ? », le député national Willy Mishiki a lancé un appel aux jeunes Congolais à s’impliquer activement dans le processus de réforme institutionnelle afin de bâtir une Constitution davantage tournée vers leurs aspirations.
Face à la presse, l’élu national a soutenu que la jeunesse constitue la première bénéficiaire des réformes envisagées. Il a notamment salué le lancement du programme « Debout Jeunes Congolais », initié par le Chef de l’État depuis le 30 juin, qu’il présente comme un vaste mécanisme destiné à favoriser l’accès des jeunes à l’emploi grâce à un financement de 1,3 milliard de dollars sur une période de six ans.
Selon lui, cette initiative répond à une réalité préoccupante : chaque année, près de 500 000 diplômés sortent des universités congolaises, alors que moins de 15 % d’entre eux accèdent au marché de l’emploi. Une situation qu’il juge « inadmissible » au regard du potentiel de la jeunesse congolaise.
Pour Willy Mishiki, les jeunes doivent désormais adopter une attitude responsable et prendre conscience que les véritables changements passent par les institutions et les lois. Il estime que la Constitution actuelle a été conçue par et pour les générations précédentes, raison pour laquelle il plaide non pas pour une simple révision, mais pour une nouvelle Constitution intégrant des garanties concrètes en faveur de la jeunesse.

Le député propose notamment d’inscrire dans la future loi fondamentale des dispositions obligeant les entreprises et les services publics à réserver un quota d’emplois aux jeunes. Il suggère également que la future Assemblée constituante accorde une représentation significative aux jeunes ainsi qu’aux femmes, afin qu’ils participent directement à l’élaboration des nouvelles règles du jeu démocratique.
Critiquant les critères d’expérience qui, selon lui, excluent de nombreux jeunes diplômés du marché de l’emploi, Willy Mishiki a dénoncé le favoritisme et les pratiques de recrutement fondées sur les relations personnelles plutôt que sur le mérite.

Enfin, il a exhorté la jeunesse congolaise à ne plus se laisser instrumentaliser dans les manifestations de rue, mais à saisir l’opportunité des réformes institutionnelles pour formuler des propositions concrètes capables de garantir leur accès aux responsabilités politiques, administratives et économiques.
Prenant son propre parcours en exemple, il a rappelé avoir accédé à des fonctions ministérielles à l’âge de 26 ans, avant de conclure en plaidant pour une société où les compétences des jeunes priment sur les réseaux d’influence, afin de construire une gouvernance plus inclusive et plus équitable.
Leonard Sangwa













