L’avenir de la jeunesse congolaise était au cœur des échanges ce vendredi 17 juillet à l’Université pédagogique nationale , où une conférence-débat s’est tenue dans la salle K2 de cet Alma mater autour du thème : « Quelle place pour les jeunes dans la gouvernance démocratique et l’espace décisionnaire ? », l’entrepreneur et expert en finances Grâce Ebuwe Muntu a tenu un discours sans complaisance à l’endroit de la jeunesse congolaise. Pour lui, le véritable défi n’est plus l’absence d’opportunités, mais la capacité des jeunes à les saisir et à les transformer en résultats.
Dès l’entame de son intervention, il a contesté l’idée selon laquelle les jeunes seraient systématiquement exclus des instances de décision. Il a rappelé que plusieurs institutions de la République sont aujourd’hui dirigées ou animées par des jeunes, preuve, selon lui, que la jeunesse dispose déjà d’une place dans la gouvernance nationale.
Cependant, l’orateur estime que la réflexion doit désormais porter sur la qualité du leadership exercé par cette jeunesse. « Avant de réclamer davantage de responsabilités, demandons-nous quel est le bilan des jeunes qui servent déjà la nation », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que la confiance se gagne par les compétences, la rigueur et les résultats, et non par le seul critère de l’âge.

S’appuyant sur son expérience dans l’accompagnement des entrepreneurs, Grâce Ebuwe Muntu a regretté que plusieurs jeunes ayant bénéficié de financements destinés à développer leurs activités aient préféré utiliser ces ressources à des fins personnelles. Pour lui, ces comportements fragilisent la crédibilité de toute une génération et alimentent la méfiance des investisseurs ainsi que des pouvoirs publics.
Face aux étudiants présents dans la salle, il a lancé un appel à un changement de mentalité. Selon lui, les jeunes doivent abandonner la culture de l’attente et devenir des acteurs de leur propre destin. Il a rappelé qu’à partir de 18 ans, chaque citoyen dispose des mêmes droits politiques que les autres et qu’aucun responsable ne renoncera volontairement à son poste pour faire de la place à un plus jeune.

« La place ne se demande pas, elle se conquiert », a-t-il martelé, invitant les jeunes à faire preuve d’audace, à entreprendre, à s’engager en politique et à démontrer leur valeur sur le terrain.
En conclusion, Grâce Ebuwe Muntu a encouragé la jeunesse à tirer profit des nombreuses lois et des programmes mis en place en sa faveur. Selon lui, la réforme institutionnelle ne produira ses effets que si elle s’accompagne d’une jeunesse responsable, compétente et déterminée à bâtir une gouvernance fondée sur le mérite, l’intégrité et l’excellence.
Leonard Sangwa













