L’épidémie d’Ebola montre des signes de ralentissement dans plusieurs zones de la République démocratique du Congo, mais la situation demeure préoccupante au Nord-Kivu. Les Nations unies appellent ainsi à ne pas relâcher les efforts, estimant qu’il est encore trop tôt pour confirmer que le pic de l’épidémie est définitivement dépassé.
Lors d’un point de presse mardi 15 septembre à Genève, Julien Harneis, coordonnateur spécial de l’ONU pour Ebola, a reconnu des avancées dans certaines régions, tout en insistant sur la persistance de nouvelles contaminations.
« Il s’agit toujours d’une épidémie mortelle et de grande ampleur. Des progrès ont été enregistrés dans certaines zones, mais dans d’autres, nous continuons néanmoins à constater une augmentation du nombre de cas », a-t-il déclaré.
Le contraste est particulièrement marqué au Nord-Kivu, où la transmission continue d’augmenter rapidement. L’OMS souligne que les tendances nationales ne reflètent pas nécessairement la situation de chaque province ou zone de santé.
Cette évolution explique la prudence des agences onusiennes face aux annonces faisant état d’un possible dépassement du pic. Selon Olivier le Polain, responsable de l’épidémiologie et de l’analyse des interventions à l’OMS, « c’est trop tôt pour dire avec confiance que nous avons dépassé un pic ».
Les autorités congolaises avaient pourtant fait état de signes encourageants depuis le pic observé à la mi-août, avec une diminution du nombre quotidien de nouveaux cas. Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, avait notamment indiqué que les nouvelles contaminations étaient passées d’environ 120 par jour au pic à près de 80, tandis que plusieurs zones de santé n’enregistraient plus de nouveaux cas depuis plusieurs jours.
Pour l’ONU, ces progrès restent cependant fragiles. L’étendue géographique de l’épidémie, la mobilité des populations, les difficultés d’accès à certaines zones et l’insécurité compliquent encore la riposte. « L’épidémie est si vaste qu’il est difficile de parler d’une épidémie unique ; il s’agit plutôt de foyers multiples et distincts », a expliqué Julien Harneis.
Face à cette situation, les agences des Nations unies plaident pour le maintien, voire le renforcement, des moyens consacrés à la riposte.
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