Le naufrage du MV MJP, survenu mercredi 23 septembre sur le lac Tanganyika au large de Kabimba, soulève des interrogations sur les conditions dans lesquelles l’embarcation effectuait sa traversée entre Kigoma, en Tanzanie, et Kalemie.
Le bilan provisoire communiqué par les autorités fait état de 39 personnes portées disparues et 36 rescapés. Le ministre provincial des Transports du Tanganyika, Norris Mulongoy, s’est rendu à Kabimba et a annoncé la poursuite des recherches pour retrouver les personnes encore introuvables. Le bilan pourrait toutefois évoluer au cours des opérations.
Au-delà du bilan humain, les conditions de chargement du bateau constituent l’un des principaux points qui devront être examinés.
Selon plusieurs sources locales, le MV MJP aurait embarqué plus de 480 tonnes de farine de froment, quatre véhicules ainsi que des passagers, alors que sa capacité annoncée était de 550 tonnes. Ces éléments restent à vérifier par les enquêtes et ne permettent pas, à ce stade, d’établir un lien entre la cargaison et le naufrage.
Le capitaine rapporte que le bateau a commencé à s’incliner d’un côté avant de sombrer. Un récit qui rejoint celui de plusieurs rescapés sur les premières minutes du drame.
Annie Moyoni, rescapée, raconte avoir été réveillée alors qu’elle dormait à bord.
« Nous étions endormis et vers 1 heure du matin on nous a réveillés brusquement. Il n’y avait pas de vent. Nous étions surpris de voir le bateau s’incliner d’un côté », témoigne-t-elle.
Face à la situation, elle explique avoir attaché son enfant avec un pagne avant de se diriger vers l’avant du bateau. Elle y aurait retrouvé des membres de l’équipage qui tentaient de trouver des moyens de secours.
Selon son témoignage, les secours ne seraient intervenus que vers 6 heures du matin, plusieurs heures après le début de l’incident. Des rescapés ont également signalé avoir perdu leurs marchandises dans le naufrage.
Pour l’heure, les recherches se poursuivent sur le lac Tanganyika. Les enquêteurs devront notamment établir les conditions de chargement, l’état de l’embarcation et la succession exacte des événements ayant précédé son chavirement.
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