7 JOURS DANS L’ENFER (Histoire vraie)
À l’Est de la République Démocratique du Congo – Sud-Kivu. Tout a commencé par une attaque surprise.Le ciel s’est ouvert sous les bombardements des drones kamikazes CH-4 ennemis ont frappé sans avertissement.Nous avons été dispersés, soufflés, avalés par la fumée et le feu.
La panique s’est installée,Mon cœur ne battait plus normalement,Les oreilles bouchées, la vue noyée dans le noir, les cris de détresse fendaient l’air,des larmes, des prières, des appels à la mère, à la vie…« Masuwa na zoki… ko tika nga te… Aaah maman, pasi ! » Je n’entendais plus vraiment.
C’était comme un rêve brisé, un cauchemar sans réveil. Les soldats encore debout ont ouvert le feu contre l’appareil ennemi,Mais en vain.Il était trop rapide, trop haut,intouchable.
Dans les hauts plateaux, encerclés par d’immenses montagnes, nous nous sommes séparés,Chacun a pris une direction, sans carte, sans certitude, sans espoir clair et Moi aussi.
Blessé au genou gauche, asphyxié par les gaz des bombes, j’ai forcé, suivant une troupe de militaires, uniquement porté par l’instinct et la survie.
4ᵉ jour
Une longue marche,sans repos sur les plateaux, lourdement chargés de nos équipements.Quitter une chaîne de montagnes pour une autre… encore… et encore .Je n’étais plus moi-même.
Ce n’était plus le corps qui avançait, mais l’esprit je ne sentais plus mes pieds.Mes orteils saignaient, couvertes de blessures.« Na mi lobeli vie na ngai ebebi… »Ma vie me semblait déjà finie.
5ᵉ jour
Là… j’ai craqué.Je n’en pouvais plus,Plus de force,Plus d’énergie et je me suis effondré en larmes.J’ai dit à mes compagnons d’armes « BO KENDE BA MASSA… ALLEZ SANS MOI.SOKI BOKOMI, BO MEMA SANGO QUE YAKUZA ATIKALI NA ZAMBA… »
Leur réponse a été immédiate,
« TEEE ! JAMAIS !.On force, on continue ! »Alors j’ai ouvert la sûreté de mon arme je les ai regardés droit dans les yeux et j’ai dit » Celui qui ose me toucher, on ira ensemble au paradis maintenant .Partez ! C’est ma vie, après tout.Deux heures plus tard… ils sont partis.Je suis resté seul.Derrière moi ,personne.
Autour de moi seulement les tirs, les explosions, la mort.J’ai passé la nuit là sans souffle, Sans force pour me relever.À l’aube, les bombardements se rapprochaient.Bizarrement… trop près.
Trois obus de mortier sont tombés juste à ma gauche,sans réfléchir, sans ordre, sans conscience, je me suis forcé à avancer.
Je marchais dans des plantations de riz, dans la boue jusqu’aux genoux »POTOPOTO »
Un vrai film de guerre Plus de voix.Les lèvres sèches.La gorge brûlante.Le Camelbak vide.
Je ne voyais personne seulement des montagnes.Le soleil, la pluie… et le silence.Là, j’ai compris C’était la fin.Mon âme a quitté mon corps.J’ai perdu le contrôle Je suis tombé
Le soleil se couchait.
Quelques heures plus tard, j’ai entendu des voix autour de moi,une langue que je connaissais… mais trop loin.Je me suis dit au fond de moi « Voilà… c’est fini,Ba niangalakata oyo bazui ngai… » Trou noir.
Connaissance perdue.
Puis… bouuuu.Une lumière.Je me suis dit « Eh ? Na kufi te ?? »J’ai essayé de me lever,impossible. La douleur partout,j’ai ouvert les yeux.Mon genou était bandé.Autour de moi des soldats burundais on m’a donné de l’eau je respirais mieux Nzambe, merci.Ils m’ont posé des questions en swahili.
Je répondais avec mon swahili cassé,bibamba-bibamba eu à peu, le courage est revenu.
La force aussi.Ensemble, nous avons marché jusqu’à retrouver nos troupes.Depuis ce jour, je le dis sans hésiter UN BURUNDAIS EST UN FRÈRE POUR MOI. La patrie ou la mort.
Lekito Jedidja













